GFA : INVESTIR DANS LA VIGNE ?


Devenir propriétaire d’une parcelle est un rêve qui peut paraître inaccessible. Pourtant, il existe des possibilités, notamment en investissant dans des parts de groupement foncier agricole (GFA).

 

Pas besoin d’être millionnaire pour s’offrir une vigne : les acquisitions médiatiques de prestigieux grands crus par Bernard Arnaud ou François Pinault ont pu faire croire que la vigne est devenue inaccessible. Fort heureusement, la France ne manque pas de vignobles et de parcelles accessibles à des investisseurs moins fortunés : un partenaire de la SAFER propose ainsi des parts de GFA (groupement foncier agricole) à partir de 1 300 € pour des vignobles situés dans le sud. En Bourgogne, les opportunités existent mais sont plus rares : la surface est réduite et très valorisée.

L’acquisition d’une vigne peut se faire soit directement, soit à travers un GFA. Il n’existe aucune contre-indication juridique à ce qu’un particulier investisse dans la vigne. Au contraire : le jeune viticulteur qui s’installe n’a pas nécessairement les moyens d’investir dans le foncier et la SAFER peut favoriser l’investissement des particuliers. Pas besoin d’être vigneron pour devenir propriétaire donc puisqu’il s’agit de bien distinguer la propriété de l’exploitation.

L’amateur un peu fortuné peut bien sûr acheter seul une parcelle ; il contractera ensuite un bail avec un viticulteur. Mais la formule la plus accessible est celle du GFA. Chaque GFA est constitué de parts que l’on peut acheter ou vendre. Le régime fiscal est particulièrement avantageux. Pour la transmission ou la donation, il existe un abattement de 75 % jusqu’à 300 000 € et de 50 % au-delà. Concrètement, pour une vigne d’une valeur de 500 000 €, l’abattement se montera à 325 00 €. L’avantage fiscal s’explique par « l’utilité publique » de l’investissement, puisqu’il s’agit de favoriser la viticulture. Un secteur qui a rapporté l’an dernier 15 milliards d’euros à la France.

Mais attention : pour bénéficier des avantages fiscaux, que ce soit en achat direct ou via un GFA, il y a des règles strictes à suivre. Le bail passé avec l’exploitant doit impérativement être un bail à long terme, c’est-à-dire d’une durée d’au moins dix-huit ans. Or, un bail à long terme est synonyme d’encadrement des loyers : logique, puisqu’il s’agit d’assurer au vigneron un horizon pérenne. Pour l’investisseur, la rentabilité ne doit pas être la première motivation. Mais c’est un investissement sécurisé, car les vignes ne sont pas délocalisables et ne perdent pas de valeur, au contraire. Investir dans la vigne peut être un bon outil de diversification patrimoniale.

Pour autant, il faut faire preuve de discernement et ne pas se précipiter sur la première annonce venue que l’on dénichera sur le net, où l’on trouve toutes sortes de sociétés spécialisées dans l’investissement viticole. Il est important de se faire conseiller par un notaire qui va analyser les statuts du GFA, et les clauses du bail passé avec l’exploitant. Et il faut aussi être vigilant sur le choix de la parcelle concernée. C’est un peu comme un appartement, il y a des bons emplacements et des moins bons… Le choix de l’exploitant est également important.

 

Un marché en hausse

Les chiffres de la SAFER indiquent que le marché a repris de la vigueur en 2021, après deux années plus difficiles liées au COVID. L’an dernier, il y a eu 9 410 transactions portant sur 17 400 hectares de vignes. Et parmi les investisseurs, les particuliers non agriculteurs ont augmenté massivement leurs achats - + 25 % en nombre et + 40 % en surface. Le prix moyen des transactions varie bien entendu selon que les vignes soient classées AOP (147 900 € l’hectare) ou hors AOP (15 000 € l’hectare).